Chambry - Cimetière communal

Des combats au milieu des tombes

Dans la nuit du 5 au 6 septembre 1914, les Allemands se replient de leurs positions de la veille et se retranchent à Chambry, dont ils investissent le cimetière.

Cimetière communal de Chambry
Cimetière communal de Chambry

Description

Dans la nuit du 5 au 6 septembre 1914, après les combats devant Villeroy et Saint-Soupplets, les Allemands se replient sur les hauteurs de Chambry et de Varreddes, qui surplombent le canal de l’Ourcq et la Marne.

Au matin du 6 septembre, la brigade marocaine qui a subi des pertes énormes le 5 septembre au bois de Penchard, a pour objectif : Chambry.
À 10h00 les tirailleurs marocains investissent le cimetière et l’utilisent comme base de départ pour leurs attaques.
Tout au long de la journée, ils seront sous le feu des canons allemands et des tirs de mitrailleuses et devront, à la nuit tombée, se replier sur Penchard.

Le lendemain 7 septembre, arrivée sur le champ de bataille, de la 45e Division Algérienne, deux régiments de zouaves doivent prendre part au combat et remplacer les premières lignes françaises, durement éprouvées la veille.
Après avoir combattu en vain, sous le feu terrible des mitrailleuses et des batteries d’artillerie allemandes, les zouaves doivent se replier sur le cimetière du village.
Ils forment une ligne de défense et de combat autour de ce lieu. Ils percent ainsi les murs du cimetière pour se prémunir d’une éventuelle attaque des Allemands.

Non loin de là, vers 21h00, débouchant de la route de Meaux, aux lieux dits la Briqueterie et la Cantine, un bataillon de zouaves combat en direction de Varreddes et de la côte 107, sommet boisé dominant la route de Meaux à Soissons.
Les zouaves font irruption dans une première ligne allemande, qui est surprise en plein ravitaillement.
Après un combat acharné, mené à la baïonnette, les fantassins français enlèvent la position allemande.
Mais, peu après, une contre-attaque allemande les oblige à se replier sur Chambry et la Briqueterie, au hameau de Dampleger, route de Meaux.
C’est dans ce cimetière communal de Chambry, qu’après les combats, 46 soldats et officiers français furent inhumés.

Après la guerre, en novembre 1920 et principalement en mai 1921, 20 tombes seront exhumées et rendues à leurs familles.

Le 19 décembre 1963, en raison de l’agrandissement du cimetière et l’abattement du mur droit, 18 autres tombes seront exhumées, pour être transférées à nécropole nationale de Chambry. On constata qu’une tombe ne recelait aucune trace de corps. Au cours de la guerre, sur la foi de témoignages d’habitants, la sépulture a fait l’objet, d’une exhumation clandestine par la famille…

De nos jours, il reste 8 tombes militaires.
Les ouvertures percées dans le mur du fond, sont toujours visibles.
Un pan du mur droit a été préservé, une plaque commémorative a été apposée :
“Aux Zouaves de la 45ème Division d’Afrique”.

A gauche, devant l'entrée du cimetière, une remise porte toujours les traces des impacts de shrapnels.
A l'intérieur du bâtiment, sur les murs, sont inscrits des messages préservés, de soldats et de familles venus à l’époque, en pèlerinage.

Le 14 septembre 2014, pour le centenaire de la bataille de la Marne, un panneau explicatif a été inauguré avec mât et drapeau français.

Toujours visible aussi, de nos jours : le mur derrière l’école communale de Chambry, est aussi percé d’ouvertures.

Contact

A proximité