Le Pays de Meaux en première ligne

La bataille de l'Ourcq

Dès le 3 septembre, pour empêcher l'avancée des troupes allemandes, les ponts sur la Marne sont détruits à Meaux, Trilport et Lagny-sur-Marne.
Le 5 septembre, l'artillerie allemande se déploie à Monthyon et tire les premiers coups de canon de la bataille. Ce jour-là voit aussi la mort du poète Charles Péguy qui tombe à Villeroy, près de Chauconin-Neufmontiers.
Le 6 septembre, les Allemands se replient sur les hauteurs de Varreddes et vers Germigny l'Evêque, tandis que les Français échouent devant Barcy et Chambry.
Le lendemain, les renforts de zouaves et de tirailleurs marocains arrivent pour libérer les villages d'Etrépilly et Chambry, mais sans succès à cause des bombardements allemands.
Le 8 septembre, les troupes allemandes retraitent vers la Ferté-sous-Jouarre qui connaîtra de violents combats notamment face à l'armée britannique, tandis que les reconnaissances aériennes françaises permettent de localiser et pilonner les positions d'artillerie à Trocy-en-Multien et à Nanteuil-le-Haudouin.
Cet épisode de la bataille de la Marne, appelé bataille de l'Ourcq, a marqué tout le territoire, laissant des stigmates des combats encore visibles aujourd'hui dans plusieurs communes de la Communauté d'Agglomération du Pays de Meaux.
 

Soldats lors de la bataille de l'Ourcq (Collection SAM2G)
Soldats lors de la bataille de l'Ourcq (Collection SAM2G)

Samedi 5 septembre au matin

La 6° armée se met en mouvement en direction de l’Ourcq, à la rencontre de la 1ère armée allemande.
Plus de 30 000 hommes vont s’affronter. 
Le 4ème corps d’armée de Von Gronau affronte la brigade Marocaine et les 55ème et 56ème divisions d’infanterie de réserve (composées d’hommes de toute la Seine-et-Marne) à Villeroy, Iverny, Chauconin et Monthyon 
Vers 12h30, le 4° corps de réserve allemand doit faire face à cette avancée française. 
Le premier coup de canon est tiré depuis les hauteurs de Monthyon.
 
Vers 17 h, devant le village de Villeroy, pour permettre le repli de la brigade marocaine, le 276e Régiment d'infanterie part à l'assaut des lignes allemandes, le lieutenant Charles Péguy est tué d’une balle dans la tête.
La brigade Marocaine subit de lourdes pertes (près de 1000 hommes sur les 4400 engagés)
Tard dans la soirée, Von Kluck est informé des combats sur l'Ourcq.
 
Pendant la nuit du 5 au 6, les allemands battent en retraite derrière la Thérouanne. L’armée de Von Kluck se dirige de Coulommiers vers Lizy.
 

Dimanche 6 septembre

Les allemands constituent leur ligne de défense : Varreddes -Etrépilly - Acy - Etavigny. La 45ème division d'Afrique du général Drude rejoint immédiatement le front après son arrivée à Paris. Deux combats majeurs ont lieu aux abords de l'Ourcq : à Nanteuil-le-Haudoin au nord, dans la cuvette de Varreddes au sud (attaques contre-attaques à Penchard, Chambry, Barcy, Marcilly).
A la fin de cette journée l'armée française s'étire de Penchard à Bouillancy le Haut.
 

Lundi 7 septembre

Les Allemands se renforcent face à la 6° armée. Les affrontements s'intensifient, les combats s'étendent à gauche vers Betz et à droite en direction de la Ferté-sous-Jouarre. 
Le général Gallieni, gouverneur de Paris, réquisitionne quelque 600 taxis parisiens pour transporter des renforts sur Le front. 4 000 hommes environ (l'infanterie de la 7° division qui venait d'arriver en région parisienne) feront le trajet de Gagny à Nanteuil-le-Haudouin. L'impact est modeste au regard des forces engagées, mais cet épisode devient le symbole de la combativité française et de l'engagement de toute la société dans ce conflit.
La bataille fait rage à Etrépilly et Acy en Multien, les zouaves délogent les allemands des hauteurs de Varreddes.
Dans l'après-midi des éléments britanniques franchissent le Grand Morin.
 

Mardi 8 septembre

Au matin, l'armée anglaise franchit le Petit Morin, au nord de Rebais. Les divisions françaises et anglaises poursuivent une lente progression en avant. Les combats sont violents à la Ferté-sous-Jouarre, mais dans la région Barcy - Etrépilly, les forces allemandes résistent et Meaux accueille un grand nombre de blessés. Cette journée marque le point culminant de la bataille de l'Ourcq. Gallieni refuse que les troupes se repositionnent en arrière. « Il faut se faire tuer sur place ». La nuit se passe dans l'angoisse, et se termine par un coup de théâtre : les Allemands commencent à reculer. La progression de l'armée anglaise d'une part et la résistance forcenée de l'armée Maunoury de l'autre ont motivé la décision allemande.
 
Au cours du changement d'emplacement de son quartier général, Von Kluck et son état-major rencontrent à proximité de la Ferté-Milon, un détachement de dragons français opérant à l'arrière des lignes ennemies. Mais la venue de renforts allemands condamne les cavaliers à rompre le combat.
 
En fin de soirée, à Isles-les-Meldeuses et à Germigny-l'Evêque, les Allemands repassent la Marne et font sauter les ponts.
 

Mercredi 9 septembre

French s'installe à Coulommiers et Von Kluck à Mareuil-sur-Ourcq. À partir de Chambry, Puisieux, et Marcilly, les Français reprennent leur progression en avant. Les Anglais se battent toujours devant la Ferté-sous-Jouarre.
 
Vers midi, un envoyé du grand quartier général allemand, le lieutenant-colonel Hentsch, arrive au quartier général de Von Kluck. 
Devant la position désormais critique des 1ère et II° armées allemandes, il ordonne au nom de Von Molkte la retraite générale vers le nord. Au début de l'après-midi, Von Kluck donne l'ordre à son armée de se replier à l'abri dans l'Aisne. Des renforts français sont envoyés dans la région de Dammartin-en-Goële. Dans de nombreuses localités les troupes allemandes arrêtent des otages et se livrent à des exactions. À Varreddes plusieurs otages seront exécutés.

Jeudi 10 septembre

Au petit matin l'arrière-garde allemande évacue la Ferté-sous-Jouarre ; les troupes anglaises pénètrent dans la ville.
Barcy, Etrépilly, May-en-Multien puis Mareuil-sur-Ourcq sont dépassés par les troupes françaises.
 
À 13h, Von Moltke subordonne la 1ère armée de Von Kluck à l'autorité du commandant de la Ile armée de Von Bulow. Dans la soirée, Von Kluck s'installe à Cœuvres, près de Soissons.
 
C'est incontestablement une victoire sur les Allemands et il faut lui donner un nom. Après plusieurs propositions, Joffre approuve que la bataille des 3 rivières devienne la bataille de la Marne.

Affiche de la Victoire de la Marne (Source MGG)
Source : MGG


 

Vendredi 11 septembre au lundi 14 septembre

Alors que la poursuite des armées allemandes se continue vers l'Aisne, autour de Meaux commencent les premières opérations d'identification des morts ainsi que les inhumations, le plus souvent en fosses collectives. Les troupes franco-anglaises suivent au plus près l'ennemi qui recule, mais l'usure de la cavalerie alliée empêche une véritable exploitation de la victoire. Le 13, Reims est libéré, mais à partir du 14, les armées allemandes stabilisent leur recul et se retranchent sur des positions organisées. C'est la faillite définitive du plan Schlieffen. Fortement contrarié, l'Empereur se sépare de son commandant en chef, tenu pour responsable de la défaite. Von Moltke est remplacé par le général Falkenhein.
 

Mardi 15 septembre

Les combats s'étendent progressivement vers Amiens. 
 


MEAUX ET SES ENVIRONS PENDANT LA BATAILLE DE LA MARNE

Les premiers combats dans les environs de Meaux (Collection SAM2G)
Les premiers combats dans les environs de Meaux (Collection SAM2G)

Août 1914

Une ambulance est installée à la gare de chemin de fer Meaux pour recevoir des blessés en provenance de la frontière. Chaque jour des troupes montent vers le front. Mgr Marbeau, évêque de Meaux, présent régulièrement à la gare, distribue aux soldats croix, médailles et chapelets pour les réconforter et les encourager.
 

Mardi 1er septembre

La population de Meaux commence à fuir la ville, effrayée par l'arrivée d'exilés du Nord de plus en plus nombreux. À la fin de la journée, des Anglais entrent dans la ville.
 

Mercredi 2 septembre

À 3 heures du matin, on sonne l'évacuation de Germigny-l'Evêque. Les habitants prennent le train à Trilport pour Meaux, puis Paris. À Meaux les tambours ont également sonné l'évacuation dès 6 heures, puis à 8 heures. La population part vers Paris, mais également vers Melun et
Coulommiers. Le général britannique Douglas Haig installe son Q.G. dans la maison « Villeboisnet », Boulevard Jean-Rose.
Dans la nuit du 2 au 3 septembre, l'armée anglaise traverse Meaux.
 

Jeudi 3 septembre

Le dernier train pour Paris part en fin de matinée. À 15 heures, malgré les demandes du maire Georges Lugol, les Anglais font sauter une des arches du vieux pont du Marché, ses pavés endommagent les constructions avoisinantes jusqu'à la cathédrale, mais les moulins sur le pont sortent intacts de l'explosion. Il ne reste plus alors à Meaux que 2 000 habitants sur 14 000, ils sont privés d'eau, de gaz et d'électricité.
 

Vendredi 4 septembre

La population restant dans la ville s'organise, une cinquantaine de personnes se réunit à l'Évêché pour défendre les intérêts de la ville en cas d'occupation allemande et de demande de contributions. Mgr Marbeau resté dans la ville, participe activement aux aides et aux secours destinés aux habitants qui n'ont pas pu fuir et aux blessés accueillis dans les hôpitaux.
 
Les Allemands sont signalés à Varreddes dans la journée et s’installent à Trilport le soir.
 

Samedi 5 septembre

Le matin vers 6 heures, une patrouille de Uhlans passe par Meaux, et en début d'après-midi, les batteries allemandes entrent en action dans les environs, rapidement suivies par les répliques de l'armée de Maunoury. À Meaux on entend les mitrailleuses et les canons, et l'on voit de loin les premières fermes brûler.

Dimanche 6 septembre 

Des représentants de la population se réunissent à nouveaux, à l'initiative de Mgr Marbeau et créent un « Comité des intérêts de la Ville de Meaux ». Il s’occupe entre autres d'ordre, de salubrité publique, de santé et de ravitaillement. Une affiche annonçant ses décisions est placardée dès le lendemain dans la ville, pour informer la population et, si besoin est, les Allemands, qu'il existe une organisation pour gérer la ville et pour être leur interlocutrice si la ville est occupée. Le Comité organise des rondes de surveillance, attrape les animaux errants et se procure les vivres nécessaires à la population, recensée par chaque paroisse, dans les magasins.
 
Cependant, les Allemands donnent déjà l'impression de reculer, une avant-garde s'installe quelques temps au quartier Luxembourg, mais en part rapidement, devançant de peu une escouade de tirailleurs marocains venu les en chasser. Une batterie de 75 est installée sur les hauteurs de Crégy pour accélérer leur retraite.
 

Lundi 7 septembre

De 11 heures à 18 heures, la ville est bombardée. Les faubourgs St-Nicolas et St-Faron sont les plus touchés, le cimetière est très détruit. Dans la nuit les bruits de la bataille se font entendre jusqu'à minuit et les blessés arrivent en grand nombre jusqu'à 2 heures du matin. L'école
Sainte-Marie et le Grand Séminaire sont transformés en hôpitaux pour aider l'hôpital principal déjà plein.
 

Mardi 8 septembre

Les Allemands reculent, ils font sauter le pont de Germigny-l'Evêque pour couvrir leur retraite. De plus en plus de blessés arrivent à Meaux, on doit ouvrir en plus le Collège Communal.
 

Mercredi 9 septembre

Le village de Barcy est bombardé. On compte beaucoup de Meldois décorés pour des faits armes pendant la bataille : le lieutenant Raoul Roussel obtient la légion d'honneur, comme Paul Berty, d’autres, comme le lieutenant Robert Cadot ou le soldat Henri Lecoute sont cités à l'ordre du jour.
 

Jeudi 10 septembre

On constate que 19 habitants de Varreddes ont été emmenés en otages par les Allemands. À Meaux on s’occupe des blessés, revenus du champ de bataille par eux même, ou ramenés par les ambulances, et parfois même par les habitants. Le clergé français se rend dans toutes les ambulances pour assister les mourants, les prêtres entendent aussi en confession les blessés allemands.
 

Vendredi 11 septembre

À partir de ce jour, les visites de personnalités venues de Paris se font plus fréquentes. Le général Février, directeur en chef du service de santé pour le camp retranché de Paris vient avec les dames de la Croix Rouge, ils apportent médicaments et vêtements. L'évacuation des blessés sur Paris commence.

Mercredi 16 septembre

Un train de blessés termine sa course dans la Marne, à Mary-sur-Marne à quelques dizaines de km de Meaux, les allemands avaient détruit le pont et le génie français n’avait pas eu le temps de le consolider suffisamment.
 

Vendredi 18 septembre

Il ne reste plus à Meaux que les blessés les plus sérieux.
 

Vendredi 25 septembre

Le train entre Paris et Meaux est rétabli, la population rentre chez elle.

 


 

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