Le général Von Kluck et l’armée allemande

Le général Von Kluck et L’armée allemande dans la Bataille de la Marne


Organisation et discipline remarquable mais de gros problème de communication.
Lors de la bataille de la Marne, il a pour objectif de détruire la 6e armée française, il est donc l'adversaire direct du Général Maunoury, ce qu'il ne réussira jamais à faire.

 

Le général Alexander Von Kluck (1846-1934) :

Alexander Von Kluck, est un militaire de carrière.
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, lieutenant, il sera blessé par deux fois et recevra la Croix de fer.

En 1914, il commande la 1ère armée allemande.
Lors de la bataille de la Marne, négligeant Paris, et d’un tempérament offensif, son objectif est de poursuivre la 5e armée française, du général Franchet-d’Esperey, ainsi que le Corps Expéditionnaire Britannique du maréchal French, tous deux en repli depuis plusieurs jours.
Mais surpris par l’attaque sur son flanc droit, de l’armée Maunoury, les troupes allemandes devront se replier sur l’Aisne et le chemin des Dames.

En janvier 1915, un de ses trois fils, le lieutenant Egon Von Kluck, sera tué au combat, près de Nieuport, en Belgique.

Le 27 mars 1915, sur le front de l’Aisne, le général est blessé grièvement à la jambe et au bras droit, par des éclats d’obus, alors qu’il inspectait, dans une tranchée, une position avancée.
(Ironie du sort, son adversaire, le général Maunoury, 15 jours avant, sera blessé dans les mêmes circonstances, et perdra la vue)

En avril 1915, Von Kluck, hospitalisé à Anizy-le-Château, recevra la visite de l’empereur d’Allemagne, Guillaume II.

En octobre 1916, Von Kluck, en raison de sa blessure et de son âge (70 ans), et avec son accord, sera mis à la retraite.

Von Kluck écrira en 1920, un livre justifiant son action au cours de la bataille de la Marne : « La marche sur Paris ».

Il se retire à Berlin où il décède le 19 octobre 1934.
Il est enterré au cimetière du grand parc boisé de Stahnsdorf, non loin de Berlin.

 



L'armée allemande dans la bataille de la Marne


À la mobilisation de 1914 ce sont 3.800.000 hommes organisés en huit armées aux ordres du maréchal Von Moltke.

En 1914, L'armée allemande est ce qui se fait de mieux en termes d'organisation et de discipline
L'armée est sous les ordres direct du grand état-major, lequel est commandé par le Kaiser en personne.
Les officiers, comme les sous-officiers sont d’une très grande compétence professionnelle et jouissent auprès de la population d'un prestige considérable.

Assiette avec représentations des généraux allemands
Source : MGG


Par contre le système de communication allemande est défaillant.
Dans la gestion opérationnelle, le Grand État-Major (OHL) dirigé par Von Moltke est non seulement handicapé par la santé défaillante de son chef mais aussi par un système de communication avec les armées sur le terrain indigne des impératifs d’exécution. Alors que depuis la guerre de Sécession, le télégraphe puis le téléphone jouent un rôle primordial dans la gestion des grandes unités engagées sur des distances de plus en plus grandes, on découvre avec stupeur que les Ire et IIe Armées sont hors de portée de l’OHL installé à Luxembourg. A défaut de déplacement sur le terrain de Von Moltke, les chefs d’armée gèrent donc eux-mêmes le déroulement de la bataille sans pouvoir communiquer avec leur chef. Ce qui va expliquer en partie la défaite sur la Marne.
Les fantassins allemands, sont revêtus de l’uniforme couleur gris vert ou gris campagne, le “feldgrau”, chaussés de bottes, en cuir brut, avec semelles cloutées et portent le célèbre casque à pointe (Pickelhaube), dessiné en 1842 par le roi Frédéric IV de Prusse.

Il était fait de cuir bouilli cerclé de fer. Les soldats allemands devaient le couvrir avec un couvre casque vert, mais le plus souvent gris beige, la pointe s'accrochait régulièrement dans les branchages et s'avéra surtout facilement repérable par l'ennemi. Le numéro du régiment est peint en rouge sur le devant, puis en vert, moins voyant.
Ils sont équipés, en très grande majorité, du fusil Mauser avec la baïonnette.

Casque allemand de la Première Guerre mondiale
Source : MGG
Fusil allemand
Source : MGG

Face à l’adversaire, la doctrine allemande peut admettre des phases défensives : ainsi de se retrancher derrière leurs mitrailleuses, avec l’appui de l’artillerie, ou au besoin, s’enterrer dès que l’action s’interrompt. Dans un autre cas, déborder les flots de résistance, plutôt que de les aborder de front. Attaquer dit le règlement allemand, c’est porter le feu en avant (avec son artillerie), l’assaut à la baïonnette venant éventuellement, confirmer la victoire.  
L'armée allemande privilégie donc le feu, contrairement aux français qui privilégient le choc et « l'attaque à outrance ».

Concernant l'artillerie lourde et l'utilisation des mitrailleuses, l'armée allemande est réellement supérieure à l'armée française en ce début de guerre.

Mitrailleuse allemande
Source : MGG

 

Helmuth Von Moltke (1848-1916)
En 1906, il succède, à la tête des armées allemandes, au maréchal Von Schlieffen (1833-1913).
Celui-ci avait élaboré en 1905, un plan de déploiement et d’opérations des armées, en cas de conflit avec la France.
Von Moltke est le neveu du comte Von Moltke (1800-1891), le vainqueur de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 et qui fût également, de 1857 à 1888, à la tête de ce Grand État-major.

Helmuth Von Moltke
Source : MGG


Von Moltke est loin d’avoir l’envergure de son oncle.
Écrasé par sa tâche et les responsabilités, il laisse une trop grande liberté à ses généraux d’armées.
Depuis 1910, gravement malade, il est dans une situation émotionnelle dépressive, ayant perdu toute confiance en lui-même en ce début de guerre.