Henri Caroly, soldat au 276° RI

Mort à proximité de la maison familiale ...

Le 5 septembre 1914, Henri Caroly, se porte volontaire pour guider sa compagnie face aux troupes allemandes positionnées dans son village. 
Il va mourir à quelques centaines de mètres de chez lui…

16h30 : Bois des Tillières, devant Saint-Soupplets : le soldat Henri Caroly (29 ans), qui connaît bien le pays, s’est porté volontaire, pour guider, à travers les chemins de son enfance, sa 21e compagnie du 276e régiment d’infanterie de Coulommiers.
Le capitaine Benjamin Truillet (46 ans depuis la veille) commandant cette compagnie, veut enlever une batterie allemande, située à 200 mètres, en contrebas, entre la corne Est du bois et le village (ce sont les batteries positionnées sur la butte de la Saulorette).
Au cours de l’assaut, les soldats français sont décimés par les tirs dévastateurs des mitrailleuses allemandes, qui étaient dissimulées, le long de la route de Meaux
Le capitaine Truillet est grièvement atteint à la jambe (il sera amputé).

Ordre est donné de retraiter dans le bois. C’est au moment du repli, qu’Henri Caroly est atteint d’une balle dans le flanc et d’une autre à la tête.

A l’orée du bois des Tillières (appelé depuis forêt domaniale de Mongé-en-Goële), une stèle, surmontée d’une croix, a été érigée, à la mémoire d’Henri Caroly et de ses camarades, tombés à cet endroit.
À l’origine, cette stèle était située à l’emplacement d’une grande tombe, renfermant 31 soldats français.
Après la guerre, les corps seront exhumés et remis à leur famille, ou inhumés au cimetière communal de Saint-Soupplets, ou celui du cimetière militaire national français de Chambry
En avril 1991, la stèle est déplacée d'environ 150 mètres en aval, pour permettre l'exploitation des carrières de plâtre, situées à proximité.

Henro Caroly (Collection SAM2G)
Henri Caroly (Collection SAM2G)

Henri Caroly, est mort à quelques centaines de mètres de Saint-Soupplets, village de son enfance.
Son père, riche propriétaire, veuf à 21 ans (sa femme est morte en accouchant de sa fille Jeanne), a quitté Neuilly-sur-Seine et habite depuis 1886, avec sa nouvelle épouse au château de Maulny. 
Le couple aura 7 enfants : 4 garçons et 3 filles (l’une, Louise, mourra à 7 mois).
Au sein de cette grande famille, Henri, y vivra avec ses frères et sœurs, dans ce domaine, véritable havre de paix.
Son père meurt à 53 ans, en juillet 1908.
Le 9 mars 1910, à Paris, Henri Caroly, 25 ans, ancien élève des Beaux-arts de Paris, et artiste peintre, se marie avec Mathilde Barbé (19 ans). 
À Saint-Soupplets, il a peint plusieurs tableaux : sa famille, les habitants du village, le parc du château…
À 28 ans, sa notoriété commence à grandir. 
Il a deux enfants, Jean-Paul né le 14 juin 1913 et Aliette née en 1914, peu avant la guerre… 
Le 7 septembre 1914, le lieutenant et ami Paul Floquet (35 ans), de la 24e compagnie du régiment de Coulommiers, retrouvera son corps et l’enterrera isolément, en bordure d’un sentier, près d’un gros noyer, à l’endroit où il a été tué. 

A la mémoire d'Henri Caroly et ses camarades
Monument à la mémoire d'Henri Caroly et ses camarades (Collection SAM2G)


Il adressera une lettre émouvante à la famille. (Nommé capitaine temporaire le 6 septembre 1914, puis définitif, il sera tué d’une balle à la tête, le 28 août 1915, dans les tranchées du Pas-de-Calais).
Le corps d’Henri Caroly sera inhumé, par la suite, dans le caveau familial, situé près de la croix centrale, du cimetière communal. Les habitants du village resteront frappés des circonstances de sa mort.
Sa jeune sœur, Marie-Madeleine, mariée en juin 1913 à Saint-Soupplets, prendra le deuil de son mari, Marcel Defrénois (26 ans), tué le 25 août 1914, en Meurthe-et-Moselle, au cours des journées les plus meurtrières de l’armée française… 
Les trois autres frères d’Henri seront mobilisés : Georges 29 ans à Meaux, dans la cavalerie, Frédéric 26 ans et José 20 ans combattront dans l’artillerie, ils reviendront épargnés de cette guerre.

C’est dans ce château, que le 7 septembre 1914, le général de Dartein commandant la 56e Division française de Réserve (objectif : la ferme de Champfleury, Etrépilly), établira son Poste de Commandement.
En 1930, la mère d’Henri Caroly vend le château à un américain M. Clark, qui le cède à sa fille.
Le 24 novembre 1970, la commune rachète le château au dernier propriétaire.
La demeure devient après travaux, la mairie de Saint-Soupplets.
Le 23 juin 2001, en présence des membres de la famille, une école et une place Henri Caroly sont inaugurées.