Blessé à la bataille de la Marne, il consacrera son œil de peintre, formé aux maîtres anciens, à restituer l’horreur du front avec une précision que les mots seuls ne sauraient atteindre.

Maurice Joron est né le 18 janvier 1883 à Paris.

Dès son plus jeune âge, il ne peut s’empêcher de portraiturer ses enseignants.

Son goût et sa facilité pour le dessin sont aussitôt remarqués, mais son père, qui rêve pour lui d’une profession lucrative, le place apprenti chez un maître verrier.

Ce détour par l’artisanat ne décourage pas sa vocation.

Après un stage à l’École des Arts Décoratifs, il entre aux Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Fernand Cormon.

Ses camarades, frappés par sa dextérité, le surnomment « Franz Hals ».

L’enseignement académique l’étouffe pourtant.

Présenté à Mme Tavernier, qui tient un salon littéraire et artistique, il trouve en elle une mécène fortunée.

Elle engage pour lui un précepteur et l’emmène à Florence, Naples, Venise, Amsterdam, étudier Titien, Rembrandt, Vermeer.

En 1914, il est mobilisé comme fantassin et blessé à la bataille de la Marne.

Source : Collection Raymond Pezant
Source : Collection Raymond Pezant

Réformé après un an d’hôpital, il est impressionné par les scènes de guerre.

Il les dessine alors pour les journaux de l’époque, Le Crapouillot et La Guerre documentée.

Source : Collection Raymond Pezant
Source : Collection Raymond Pezant

En 1918, il se marie et fonde une famille, qui lui inspire des portraits plus intimes.

Les amateurs se disputent ses toiles à Paris comme à Londres, en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, en Espagne ou en Afrique du Sud.

Pour l’Exposition universelle de 1937, le ministère des Anciens Combattants lui commande une immense toile représentant les croisés de saint Louis, les invalides de Louis XIV et les poilus de Clemenceau. Ce sera sa dernière œuvre.

On ne sait pas ce qu’est devenue cette fresque.

Épuisé par un labeur passionné, il meurt après une courte maladie le 4 octobre 1937, à Vaucresson, à l’âge de 54 ans.

Il est inhumé au cimetière de Bry-sur-Marne.

L’espace Maurice Joron lui est consacré depuis 2010, au sein du musée Adrien Mentienne, à Bry-sur-Marne.