Du Palais Bourbon aux ministères de la Marine et de l’Air
Blessé à la première bataille de la Marne, il consacrera l’essentiel de sa vie publique à la Seine-et-Marne et deviendra l’une des grandes figures ministérielles de la IIIe République.
Jacques-Louis Dumesnil est né le 15 mars 1882 dans le 10ème arrondissement de Paris.
Il est issu d’une vieille famille de brasseurs parisiens, aux racines profondes en Seine-et-Marne : sa famille de cultivateurs du Gâtinais était fixée à Larchant depuis des siècles.
Il suit des études de droit et de lettres, avant de mener de front une double carrière de journaliste et d’avocat à la Cour de Paris. Il devient chef de cabinet d’Aristide Briand, ministre de l’Instruction puis de la Justice.
Il se tourne rapidement vers la vie politique.
Élu à 25 ans conseiller général de Seine-et-Marne, il devient à 28 ans, en 1910, député radical de Seine-et-Marne.
Il est réélu en 1914 et le reste jusqu’en 1935.
Dès août 1914, la guerre le retrouve sous les drapeaux.
Mobilisé avec le grade de sous-lieutenant, il est promu lieutenant puis capitaine au cours de la campagne.
Blessé à la première bataille de la Marne, il est décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre.

De retour à la Chambre, il devient une figure centrale des questions de défense et de finances publiques.
Il est rapporteur du budget des postes et télégraphes, puis de celui de la guerre, s’attachant à l’accroissement des armements de l’infanterie.
Il est ensuite nommé rapporteur du budget de l’aéronautique.
Sa carrière ministérielle est jalonnée de portefeuilles stratégiques.
En 1917, il est sous-secrétaire d’État à la Marine, puis à l’Aéronautique militaire et maritime jusqu’en 1919, sous Painlevé et Clemenceau.
En 1924, il est ministre de la Marine sous Herriot, puis de nouveau en 1930 sous Tardieu.

De 1931 à 1932, il est ministre de l’Air sous les gouvernements Laval, et assiste au dénouement de l’affaire de l’Aéropostale.
Sur le plan départemental, son action est tout aussi considérable.
Président du conseil général, il fait adopter un programme d’électrification des campagnes de Seine-et-Marne.
En 1924, il constitue le premier syndicat intercommunal du sud-ouest seine-et-marnais.
En 1935, il est élu sénateur de Seine-et-Marne et devient également maire de Fontainebleau.
Son vote favorable au projet de loi du 10 juillet 1940, conférant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, lui vaut, à la Libération, une période d’inéligibilité, dont il sera relevé.
En 1945, il cesse toute activité politique pour se consacrer aux œuvres d’anciens combattants et orphelins de guerre, et reprend son cabinet d’avocat.
Il épouse en secondes noces la sculptrice Nelly Carrière, fille du peintre Eugène Carrière.
Il meurt à Paris le 15 juin 1956.
Il repose au cimetière de Larchant, en Seine-et-Marne, cette terre à laquelle il avait consacré l’essentiel de sa vie publique.