Blessé une première fois, il remonte à cheval pour continuer à commander son bataillon, avant d’être touché par une nouvelle salve mortelle, le même jour que Charles Péguy, à quelques kilomètres de là.

Collection Raymond Pezant

Jacques de Richard d’Ivry est né le 27 octobre 1872 au château de Coraboeuf, sur la commune d’Ivry-en-Montagne, en Bourgogne.

Il est issu d’une famille de haute noblesse. Son père, Paul de Richard d’Ivry, aristocrate et compositeur, était l’ami de François Coppée, Jules Verne et Barbey d’Aurevilly.

Saint-cyrien, il choisit la carrière des armes et se distingue au Maroc.

En 1912, il commande le 2ème bataillon des troupes chérifiennes et participe à l’affermissement du protectorat français nouvellement établi.

À l’été 1914, la Brigade Marocaine du général Ditte est rapatriée en France pour faire face à l’invasion allemande.

Dès août 1914, le Résident Général Lyautey, en raison des besoins en effectifs, doit envoyer des troupes depuis le Maroc.

Le capitaine Richard d’Ivry prend alors le commandement du 5ème bataillon de Chasseurs Indigènes du 1er Régiment.

Le 5 septembre 1914, sans couverture d’artillerie, son bataillon se lance à l’attaque des flancs de la colline du bois du Télégraphe.

Il prend la lisière sud du bois à la sortie de Penchard, mais doit se replier sous le feu nourri de l’artillerie allemande.

C’est pendant cet assaut que le capitaine d’Ivry, blessé une première fois, remonte à cheval pour continuer à commander son bataillon.

Il est alors touché par une nouvelle salve, mortelle cette fois.

Il avait 41 ans, le même âge que Charles Péguy, tué le même jour à Villeroy, à quelques kilomètres de là.

Il repose au cimetière communal de Chauconin-Neufmontiers, en Seine-et-Marne, sur cette terre qu’il avait contribué à défendre.

Il mourut sans avoir été marié.

À titre posthume, l’État français l’éleva au grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur.

Son frère Paul, chef de bataillon d’infanterie, mourut également pour la France le 25 février 1916, lors de l’offensive allemande sur Verdun.

Collection Raymond Pezant