Au cours du conflit, des témoins anonymes ont immortalisé, par leur regard, le destin héroïque et tragique d’un territoire en guerre. Un fonds de près de 1000 photographies stéréoscopiques sur plaques de verre témoigne visuellement de la Grande Guerre et de la vie meldoise de cette époque. Ces clichés sont attribués, pour partie, à Julie Merré.

Julie Proffit naît en 1877 à Oissery, au sein d’une famille de cultivateurs. Elle est l’aînée d’une fratrie de quatre enfants et grandit aux côtés de ses trois frères, Charles, Jules et Paul.

La Grande Guerre frappe durement la famille : Charles et Jules sont mobilisés, tandis que Paul meurt tragiquement au printemps 1914, pendant son service militaire.

En 1901, Julie épouse Gaston Merré, un meldois, et s’installe avec lui dans une maison, aujourd’hui disparue, Cour Raoult.
Le couple possède un moulin sur le pont du Marché. En 1920, celui-ci sera détruit dans l’incendie des Vieux Moulins.

On ne connaît rien de sa formation de photographe. Pourtant, durant deux décennies, Julie Merré immortalise sur ses plaques de verre stéréoscopiques les événements qui ponctuent l’histoire de sa famille comme celle de sa ville. Aux côtés des scènes de vie familiale — vacances, fiançailles, mariages — son objectif devient le témoin privilégié des bouleversements majeurs qui touchent Meaux et les villages alentour.

Elle immortalise notamment la cérémonie de novembre 1914 à la Grande Tombe de Villeroy, ainsi que les commémorations de la bataille de la Marne organisées après la guerre. Au travers de sa lentille, elle saisit encore les lueurs de l’incendie des Vieux Moulins, la crue de la Marne de 1920, et les obsèques de Monseigneur Marbeau.

© Musée de la Grande Guerre, Meaux / Julie Merré