Villeroy - Mémorial de Charles Peguy

La Croix de Péguy : « En ces champs tomba Charles Péguy le 5 septembre 1914 »

Cette croix se situait initialement, face à la Grande Tombe.
Son nouvel emplacement, situé au carrefour de quatre routes, est à présent, plus proche des lieux de combats.
C’est de cet endroit que partit l’attaque du 276e régiment d’infanterie, le 5 septembre 1914.

Mémorial Charles Peguy
Mémorial Charles Peguy
Mémorial Charles Peguy

Description

Ce 5 septembre à 17 heures, la 19° compagnie Péguy, du 276° R.I., positionnée le long de la route d’Iverny à Chauconin, pour protéger la retraite de la Brigade Marocaine en difficulté, charge à travers champs, avec pour objectif, les hauteurs de Penchard et de Monthyon, tenues par les Allemands.

C’est à ce carrefour dit, du gros tremble (haut peuplier), que le capitaine Guérin, appuyé sur sa canne d’ébène, dirige la marche en avant de la 19e compagnie, régiment de Coulommiers, dont fait partie le lieutenant Péguy.

Le jeune capitaine Guérin est frappé, dès le début des combats, d’une balle à la tête, qui le tue net. Les soldats de sa compagnie, allongeront son corps sous cet arbre.

Le lieutenant De la Cornillère, debout, commande le feu de son peloton ; une balle le renverse à terre, il meurt dans un dernier soupir.

Le lieutenant Péguy prend le commandement. Debout face à la mitraille, il dirige les tirs. Une balle le frappe au front, il tombe, tué net.

Cet endroit marque aussi, l’avancée extrême des forces allemandes à 37 kilomètres à l’Est de la capitale.
Au cours de cette guerre 14-18, les Allemands ne s’approcheront plus, d’aussi près de ce Paris, si ardemment convoité (le fameux mot d’ordre allemand : Nach Paris...).

En 1932, à l’inauguration du Monument de la Grande Tombe (Henry Faucheur, architecte ; Barillet, mosaïste ; Lelu, marbrier), les autorités civiles ont oublié de le couronner d’une croix, (ce ne sera fait qu’en 1951).
Le 11 novembre 1936, pour y pallier, l’Association des Amis de Charles Péguy, et le révérend Père Paul Doncoeur, firent ériger et bénir par le père Forestier, aumônier général des scouts de France, cette haute croix de pierre, telle une tige de blé, face à la Grande Tombe, hommage rendu, à la foi chrétienne de Charles Péguy.

Le sculpteur Henri Charlier (1882-1975) avait connu personnellement Péguy.
Paul Donceur (1880-1961) a été aumônier militaire au 115e régiment d’infanterie de Mamers dans la Sarthe.

Ce régiment, au cours de la bataille de la Marne, participa à la poursuite des troupes allemandes en retraite.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre 1914, les soldats de ce régiment, remontèrent par Trilport, Meaux et Villeroy, où, à l’aube, avant de faire une longue pause à Iverny, ils virent les corps et les premières tombes du champ de bataille.

L’aumônier sera décoré de la Croix de Guerre, le 14 juillet 1915, et de la Légion d’Honneur en 1916, pour avoir, le 16 septembre 1914, protégé et soigné, à la ferme Le Mériquin près de Noyon, une cinquantaine de blessés français, menacés d’être massacrés par les Allemands.
Au cours de la guerre, il aura 7 citations, pour avoir secouru ses camarades.

Face à la Grande Tombe, au bas de la Croix, l’inscription :
« En ces champs tomba Charles Péguy le 5 sept.1914 » laissait supposer qu’il était enterré là, ce qui était faux. Il n’a pas été tué à cet endroit, mais à 400 mètres, au Nord de la Grande Tombe.

Le 24 septembre 1988, après les cérémonies du 74e anniversaire de la bataille de la Marne, la croix située trop près de la route, pour des raisons de sécurité, est déplacée et inaugurée par l’amitié Charles Péguy. Le nouvel emplacement, situé au carrefour de quatre routes, est à présent, plus proche des lieux de combats.

Près de la croix : une table d’orientation, (une nouvelle a été réalisée en 1992, en pierre émaillée de Volvic).
Dessus : une reproduction d’une carte de l’I.G.N. (Institut Géographique National).
Elle indique les positions des troupes françaises et allemandes qui se sont affrontées le 5 septembre 1914, et l’endroit approximatif, où est tombé le lieutenant Charles Péguy.

Sur le nouveau soubassement, une plaque est apposée, où sont gravés douze vers d’un poème de Charles Péguy :

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle.
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre

Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles
Couchés dessus le sol à la face de Dieu

Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu
Et les pauvres honneurs des maisons paternelles

Heureux ceux qui sont morts car 1ls sont retournés
Dans la première argile et la première terre

Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés. »


- - - - - - LE PUITS DE PUISIEUX - - - - - - (puisieux signifie ancien puits).

Situé dans une dépression de terrain, à l'orée du village de Villeroy, ce puits fut creusé, selon la légende, sous le règne du roi de France, Mérovée (450-500 ans après J.C.).
Plus réellement, depuis le 17e siècle, à cet emplacement, il y avait une exploitation agricole, appelée : ferme Puisieux, appartenant à l’abbaye Saint-Faron, de Meaux.
Avant 1834, la ferme est entièrement démolie, excepté le point d’eau, et le terrain est remis en culture, ce qui explique ce puits en plein champ…

Vers 14h30, en cet après-midi du 5 septembre 1914, les soldats du 5e bataillon du 276e régiment d’infanterie de Coulommiers, parviennent dans ce creux de terrain. Ils se mettent à l'abri, tandis qu'un duel d'artillerie oppose les forces en présence.
Malgré une chaleur accablante, les soldats sont réticents à boire l’eau de ce puits ; ils craignent que les Allemands l’aient empoisonnée.
Les Allemands n’étant pas parvenus à ce point extrême et rassurés par le soldat Alphonse Tellier, natif du pays, les fantassins français finissent par remplir leurs bidons.
C'est à ce puits, que le lieutenant Charles Péguy et les hommes de sa 4e section, ont bu leur dernière eau …
Le puits, restauré plusieurs fois, appartient désormais à l'Association des Amis de Charles Péguy.

Contact

A proximité